les Français du paddock au soutien du Grand Prix de France


Alors que son contrat avec la F1 arrive à échéance, le Grand Prix de France semble en danger. Ce week-end, le circuit Paul Ricard pourrait accueillir sa dernière course avant quelques temps. Ce que n’espèrent pas les tricolores que nous avons rencontré dans le paddock.

Ce dimanche, verra-t-on pour la dernière fois les monoplaces sur le circuit Paul Ricard ? Alors que le contrat entre le Grand Prix de France et la Formule 1 s’arrête à l’issue de cette saison, le flou demeure. Sera-t-il reconduit ? « Nous avons des discussions positives puisque la F1 nous a dit que la France faisait partie des plans et devrait avoir un Grand Prix de France, rassure pour RMC Sport le directeur Eric Boullier, à quelques jours de la course. Il y a des discussions à tous les niveaux, même au plus haut avec Stefano Domenicali (le patron de la F1), pour discuter du futur du GP. »

Un circuit ennuyeux ?

Circuit historique, le Castellet était revenu au programme en 2018 après presque 30 ans d’absence. Mais les premières années, le scénario des courses n’avait pas emballé les fans. « Il y a eu deux éditions peut-être un peu ennuyeuses en 2018 et 2019, c’est ce qui avait été revendiqué. A l’inverse, 2021 a été spectaculaire, nous avons été le troisième Grand Prix avec le plus de dépassements et les anglo-saxons nous ont élu cinquième course la plus excitante du championnat. On a aussi déployé une certification trois étoiles auprès de la FIA pour le développement durable, on est le seul », se défend Eric Boullier.

Comme lui, les tricolores du paddock font cocorico, à commencer par les pilotes, qui auront une tribune chacun à leur nom cette année : « C’est un Grand Prix que j’attends chaque année avec impatience, c’est toujours un énorme plaisir de pouvoir rouler en France. Ce n’est pas quelque chose qui a été le cas dans les années précédentes, appuie Pierre Gasly (Alpha Tauri). J’ai eu la chance d’arriver à un moment où le Grand Prix est revenu. C’est unique, avec des fans qu’on ne peut pas retrouver ailleurs. Je suis patriote et je défendrai toujours le GP et personnellement, c’est une course qui m’apporte des émotions comme nulle part ailleurs, je ferai le maximum pour le garder. »

La F1 s’exporte très bien

Esteban Ocon (Alpine) dit avoir discuté personnellement du sujet avec Stefano Domenicali. Les retours auraient été positifs et il invoque l’histoire de notre pays : « La France a une place hyper importante dans le sport automobile, on a les plus belles marques d’automobile, on a eu des pilotes exceptionnels par le passé. Et ça s’appelle « Grand Prix » partout où on va dans le monde. C’est hyper important d’avoir un Grand Prix de France. On découvre des belles pistes, mais les pistes historiques comme Monaco, Spa et Paul Ricard doivent rester dans le calendrier. » C’est là le nœud du problème.

D’autres courses modernes, plus « exotiques » et originales émergent : Miami (USA), Losail (Qatar), Djeddah (Arabie saoudite), Bakou (Azebaïdjan), Las Vegas (USA) l’an prochain. « Il faut voir que la F1 a une problématique qui est en train d’évoluer. On est un championnat du monde, on doit être un championnat mondial sur les cinq continents et je pense qu’on ne peut pas continuer à faire 80% des épreuves en Europe comme on le faisait depuis 20 ans, pose Frédéric Vasseur, patron français de l’écurie Alpha Romeo. A partir de là, il faut s’ouvrir. Donc soit on fait 50 GP, soit on sera obligés d’avoir un peu de “chutes” en Europe. » Et avec la popularité de la F1 montée en flèche ces derniers temps, les prix augmentent (le GP de France paierait environ 20 millions d’euros par an, un tarif faible par rapport à d’autres).

Nice comme solution ?

200.000 personnes sont attendues pour ce week-end sous le soleil. Un moyen de convaincre que l’événement a sa place ? Pour les acteurs, un maintien de la course au calendrier passera forcément par du changement. « On pourrait trouver des solutions pour alterner d’une année à l’autre et quand même garder l’histoire de la F1 », propose Ocon. « Ça peut être des aménagements sur le circuit, être capable de créer une méga fête autour… Il y a des atouts au Castellet, le monde entier vient en vacances là-bas, est ce qu’on ne peut pas faire quelque chose autour de ça plutôt que de se caractériser par des soucis d’embouteillages ? », ironise Vasseur, en référence aux énormes difficultés d’accès en 2018.

Et tenter des choses plus « visuelles », comme la « fausse mer » autour du circuit à Miami cette année ? « Ça paraissait ridicule d’un point de vue européen mais je pense que les américains ça leur a plu et à la fin il y a 30 000 VIP qui sont venus. Il y avait une vraie fête partout, dans le paddock, des stars, se souvient Vasseur. Aura-t-on toutes les stars françaises ce week- end ? Je pense qu’on doit plutôt travailler sur ça et donner envie plutôt que se plaindre. Ce n’est jamais la bonne attitude. »

Une solution a été évoquée pour que la France garde une course : que cette dernière se déroule à Nice. Lors du GP de Monaco, le maire niçois Christian Estrosi avait rencontré Stefano Domenicali. Et les organisateurs ne seraient pas contre. Alors, la course sur la Côte d’Azur ? « Ça nous inspire que la F1 confirme qu’il y a un intérêt pour garder un GP en France, répond Eric Boullier. Il y a des discussions ouvertes avec la FOM (Formula One Groupe), on va se concentrer déjà sur 2022. »



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